En octobre 2012, la Fondation A Stichting ouvre ses portes au sud de Bruxelles, sur le site des anciennes usines Bata. Créée à l’initiative d’Astrid Ullens de Schooten, reconnue d’utilité publique, elle a pour vocation de soutenir la création, la connaissance et la conservation de l’image photographique. 

Plus rien n’existe qui ne semble devoir être attesté par l’image. Pourtant l’idée de l’enregistrement du réel par la photographie ne va pas de soi. Qu’en est-il de notre capacité à regarder, à discerner lorsque les images qui nous entourent dans leur surabondance et leur virtuelle immédiateté, se complexifient avec force et rapidité ? Le projet de la Fondation consiste à explorer les enjeux et les contradictions de l’image document afin de questionner ce monde du tout visible. Trois expositions temporaires sont organisées chaque année, accompagnées d’ateliers de lecture et d’écriture de l’image à l’attention des jeunes et des enfants. Elèves et étudiants sont invités à venir dialoguer avec les artistes lors des rencontres, Premières Découvertes.

La Fondation s’inscrit dans une zone de la ville anciennement vouée à l’industrie qui s’est progressivement transformée en un quartier de logements avec de nombreux lieux consacrés à la création artistique. Elle s’y inscrit avec le désir, en tant qu’acteur culturel, de participer à la vie de ce quartier. Véritable plate-forme consacrée à l’image photographique, la Fondation A Stichting se propose également de devenir partenaire de projets d’expositions et d’éditions, organisées en collaboration avec des institutions culturelles belges et étrangères.

Fondation A Stichting

Découverte est en partie financé par le résultat de la vente des billets d’entrée et des catalogues d’exposition, les expositions et les visites guidées sont libres d’accès pour toutes les écoles et associations destinées aux enfants et aux adolescents. Ce programme propose entre autre des rencontres avec les artistes invités, des visites guidées, des ateliers de lecture et d’écriture de l’image photographique.

Lors des Premières Découvertes, enfants et étudiants sont invités à venir rencontrer l’artiste avant l’ouverture de l’exposition. Durant ces moments d’échanges spontanés et intenses, l’artiste leur parle de sa vie, de son œuvre photographique et répond à de multiples questions.

Fondation A Stichting

La Fondation A Stichting est fermée durant les mois de juillet et août. Toute l'équipe vous souhaite de bonnes vacances.

Fondation A Stichting

Guido Guidi

Col tempo 
du 25 septembre au 11 décembre 2016 

Ronta, 2015 © Guido Guidi - Fondation A Stichting
Ronta, 2015 © Guido Guidi

Cesare Fabbri

The Flying Carpet 
du 21 janvier au 26 mars 2017 

Mezzogoro, 2012 © Cesare Fabbri - Fondation A Stichting
Mezzogoro, 2012 © Cesare Fabbri

Fondation A Stichting

Koji Onaka

Lucky Cat

Koji Onaka est né en 1960 à Nogata, sur l’île de Kyushu, une île au passé industriel, charbonnages et aciéries, située au sud du Japon. Habité par la découverte des Tales of Tono, il travaille pendant deux années comme métreur pour le producteur d’acier Nippon Steel puis remonte vers Tokyo pour étudier la photographie auprès de Daido Moriyama. Il participe à Image Shop CAMP et fait la connaissance d’artistes tels que Masahisa Fukase, Takuma Nakahira…A partir de 1991, dans la lignée des ukiyo-e (images du monde flottant), des Hokusai manga ou des incontournables livres de photographies japonais, Koji Onaka réalise de multiples éditions, crée ou participe à de nombreux magazines. Ses images sont un savoureux mélange des choses de ce monde. Slow Boat, sa « dernière série de photographies monochromes » (1980-1999) est publiée en 2003. Rééditée en 2008, elle fera connaître son travail en Europe. En 2013, Twin Boat viendra compléter ce voyage au fil de l’eau en noir et blanc. À la fin des années 90, il transforme son labo et s’équipe pour produire des images en couleurs. Photographie et voyage font un, la caméra devient mémoire. À l’encontre d’une entêtante et immédiate géolocalisation, les photographies intemporelles de Koji Onaka, reflets de l’impermanence, sont une douce invitation à une ballade où se juxtaposent, s’entrelacent nos propres images et souvenirs.

L’exposition à la Fondation A Stichting rassemble de nombreuses images monochromes de Koji Onaka extraites de différentes publications ainsi que des images couleurs de My Favorite 21 et une sélection de Lucky Cat, deux livres publiés en 2013.


Fondation A Stichting

Walker Evans

Anonymous

Walker Evans (1903-1975) reste l’un des photographes les plus importants et les plus influents de l’histoire de la photographie. Sa carrière couvre une période qui va de l’émergence dans les années 1920 de ce média de masse jusqu’à la reconnaissance de la photographie comme forme artistique à part entière dans les années 1960 et 1970. Sans Evans, la photographie aurait sans aucun doute connu un développement très différent, particulièrement en Amérique du Nord. Cette exposition porte un regard nouveau sur l’oeuvre d’Evans en mettant l’accent sur son travail imprimé, en particulier celui réalisé pour des magazines. Evans commença à publier en 1929 et fut très vite en mesure de choisir ses sujets, de définir les textes accompagnant ses photographies ainsi que la mise en page de ces dernières. Pendant presque quatre décennies, il utilisa les magazines populaires pour produire un commentaire critique sur la société américaine et ses valeurs. Walker Evans, Anonymous présente des pages de magazines originaux accompagnées de tirages d’époque et de divers matériaux relatifs à ces publications, afin de mettre en valeur le rôle pionnier que joua Evans dans la photographie moderne mais aussi dans l’édition, l’écriture et la mise en page. L’exposition inclut les nombreuses tentatives d’Evans de photographier des anonymes dans les rues et dans le métro de New York, des photographies de l’imagerie populaire et de l’architecture vernaculaire, sa célébration de la vie de tous les jours.

L’exposition à la Fondation A Stichting coïncide avec la parution du livre Walker Evans, Labor Anonymous (Thomas Zander & Verlag Der Buchhandlung Walther König).
Commissaires de l’exposition : David Campany, Jean-Paul Deridder et Sam Stourdzé.
Exposition coproduite par la Fondation A Stichting, Bruxelles, et Les Rencontres d’Arles.


Fondation A Stichting

Facundo de Zuviría

Estampas

Facundo de Zuviría est né en 1954 à Buenos Aires. Après avoir obtenu son diplôme de droit, il se consacre exclusivement à partir des années quatre-vingt à la photographie. Tel un collectionneur ou un sismographe, baguenaudant dans les rues de la capitale de l’Argentine, il s’attache avec opiniâtreté à recueillir ce qui, en proie à l’éphémère, ne se donne plus que de manière fragmentée et fragile. On peut considérer l’ensemble des découpages qui composent Estampas comme une seule et même œuvre, une narration se construisant au fil des déambulations de l’artiste. Des images en noir et blanc ou en couleurs, extraites de carnets, se distribuent d’elles-mêmes en séquences d’un nombre variable de photographies d’un même motif répétitif : maisons, petits commerces, publicités, enseignes peintes, affiches de propagande, mannequins de cire, façades symétriques de 8,66 m de large… Des images qui s'imprègnent des photographies d’Henri Cartier Bresson, d’André Kertész, de Robert Frank et de l’étrange caractère documentaire de celles de Walker Evans. Des images où résonnent la poésie ou la prose de Jorge Luis Borges, García Marquez, Vargas Llosa ou Ruan Rulfo. Acteurs d'un lointain roman noir, la plupart des porteños qui apparaissent dans les images de Facundo de Zuviría sont des imprimés ou des peatones qui tout comme lui arpentent sans relâche les trottoirs de leur ville.

L’exposition de la Fondation A Stichting coïncide avec la parution du livre, Facundo de Zuviría, Estampas (Toluca Editions & Ediciones Larivière, 2015)


Fondation A Stichting

Luc Chessex

Castro | Coca | Che

Refusant un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui, Luc Chessex (Lausanne, 1936) débarque à La Havane en 1961, deux ans après la révolution cubaine. Membre de l’agence de presse officielle cubaine Prensa Latina, directeur de la photographie pour la revue Cuba Internacional, il est un des témoins engagés de la révolution. L’exposition présente trois ensembles de photographies : Castro, Coca, Che. Le Visage de la Révolution est publié en 1969 par l’éditeur suisse Hans-Rudolph Lutz. Il s’agit d’un essai sur la représentation de Fidel Castro dans l’iconographie populaire, sur les murs, les affiches… Luc Chessex esquive toute propagande. Il accompagne ses images d’anti-légendes quilaissent le public interpréter librement ses images. Les séries Che et Coca font partie du projet Quand il n’y a plus d’Eldorado, un voyage à travers l’Amérique latine, une rétrospective publiée quelques années après le retour involontaire de Chessex à Lausanne en 1975. La première série, Che, suit les traces boliviennes du leader devenu légende, alors que Coca, porte sur l’image iconographique omniprésente du puissant soda. Ces deux figures se partagent symboliquement l’espace public, le mythe le disputant à la publicité dans une ironique confrontation. Quand il n’y a plus d’Eldorado, c’est aussi un film de Claude Champion (1980), réalisé à partir des photographies de Chessex, qui sera visible durant l’exposition. 

Luc Chessex, Castro, Coca, Che est une coproduction du Musée de l’Elysée de Lausanne et de la Fondation A Stichting de Bruxelles.


Fondation A Stichting

Jo Ractliffe

After War

« On connaît si peu le pays dans lequel on vit. (…) Comment photographier nos différentes façons de raconter l’histoire, nos réflexions, les changements de la société ?»
(Jo Ractliffe, Afrique du Sud, portraits chromatiques, Arte, 2014)

Guerre des frontières pour les uns, guerre civile ou guerre de libération pour les autres, depuis 2007, Jo Ractliffe (Le Cap, Afrique du Sud, 1961) s’intéresse aux traces et conséquences du conflit en Angola (1975-2002), une guerre du subterfuge, une fiction tissée de semi-vérités et de dissimulations. Un véritable cataclysme géopolitique qui, en trois décennies de destruction, entre la proclamation de l’indépendance par Agostinho Neto en 1975 et la mort de Jonas Savimbi, leader de la faction rebelle de l’Unita en 2002, a fait plus un million et demi de victimes. Parallèlement, la lutte armée pour l’indépendance de la Namibie entre 1966 et 1989 va intensifier les affrontements. Alors que la politique de l’apartheid n’y sera appliquée que dans les années 60, la Namibie, gouvernée par l’Afrique du Sud depuis 1920, est soumise à de sévères formes de ségrégation. Violence coloniale, guerre froide par procuration, intérêts pétroliers, apartheid, dépossession, réconciliation, le travail de Jo Ractliffe est une mise en image des stigmates d’une crise qui se situe à l’intersection de multiples récits. Archive et mémoire, paysages quelquefois non cartographiés, car oubliés, Jo Ractliffe dresse, par ses images photographiques en noir et blanc, la carte des traumatismes ineffaçables d’une guerre lointaine.

Une exposition en deux lieux pour trois publications, Jo Ractliffe, After War est organisée par la Fondation A Stichting et l’erg, avec la collaboration de la Stevenson Gallery, Cape Town, et Huis Marseille, Museum for Photography, Amsterdam. Elle coïncide avec la parution du troisième livre de Jo Ractliffe, The Borderlands aux éditions RM.


Fondation A Stichting

Lee Friedlander

Self and Family

Depuis plus de cinq décennies, Lee Friedlander (né en 1934 à Aberdeen, Washington, USA), l’un des artistes les plus inventifs et productifs de l'histoire de la photographie, revisite de manière prolifique et magistrale le genre de l’autoportrait. Plus intrusifs qu’introspectifs, ses autoportraits se déclinent à travers un jeu d’ombres, de reflets et de fragmentations. Face caméra ou caméra à la main, nous voyons dans ses photographies, son image surgir, s’imposer, se positionner, se télescoper, se réfracter. La série Self Portrait, son premier livre, publié en 1970 par Haywire Press, complétée par une monographie éditée en 2000 par la Fraenkel Gallery, se prolonge jusqu’à l’album de la Yale University, paru en 2011 et qui rassemble plusieurs centaines d’autoportraits inédits. Nous accompagnons le célèbre photographe au fil des années. Sa vie créative et sa vie privée se déploient et s’entremêlent. Conçu comme la suite de In the Picture Self-Portraits 1958-2011, le dernier opus de Lee Friedlander, Family in the Picture 1958-2013, est l'album de famille de Lee. Un recueil de plus de 350 photographies qui s'ouvre sur des images de Maria Friedlander, prises lors de leurs premières années de vie commune.

L’exposition, Lee Friedlander, Self and Family est organisée autour des deux publications, In the Picture, grâce au soutien de la Fraenkel Gallery de San Francisco. Elle coïncide avec la parution du livre, Family in the Picture 1958-2013, publié par la Yale University en collaboration avec la Fondation A Stichting.


Fondation A Stichting

Max Regenberg

Fair use

Société du spectacle ou Âge de l’hyperspectacle, voilà notre monde, saturé d’images et de messages en tous genres, où la logique du spectaculaire gouverne le plus souvent les productions marchandes. Du mur peint au tout écran, en passant par le panneau hollywoodien, l’imagerie publicitaire s’est réinventée, surfant de l’objet au divertissement jusqu’à l’événementiel. Depuis la fin des années 70, Max Regenberg s’intéresse à cette entêtante omniprésence de l’image publicitaire dans notre espace public. Il scrute l’apparition de ces images qui tapissent notre paysage au quotidien. Des images que nous côtoyons tous les jours sans toutefois leur prêter une attention particulière, des images perçues le plus souvent du coin de l’œil. Des images commerciales qui sont à la fois le miroir et la fabrique ininterrompue de nos pseudo-besoins. Des images conçues pour séduire dans l’instant et qui ne perdurent le plus souvent que par la répétition de clichés sexistes et discriminatoires.

Il y a toujours une image autre dans les photographies de Max Regenberg. Au fil de ses voyages en Allemagne, en France, en Belgique, au Canada et aux États-Unis, voyant des publicités partout, il photographie ces affiches géantes dans les villes ou le long des routes de campagne. Quasi identiques, ces panneaux en toutes langues véhiculent, comme le souligne Jeff Rian, les symboles et signes relevant d’une même algèbre photographique. Max Regenberg en dresse l’inventaire, à la façon d'un anthropologue ou d'un exilé égaré dans un monde où tout devient image. Influencé par des photographes tels qu’August Sander, Bernd & Hilla Becher, Walker Evans, Robert Adams ou encore Stephen Shore, interpellé par la démarche d’artistes tels que Lewis Baltz, Barbara Kruger, Richard Prince ou Mike Mandel et Larry Sultan… Fasciné par ce flux d'images, par les constellations hasardeuses entre nature, architecture, contenu de l’affiche et contexte urbain, ces photographies, comme l’observe l’artiste, enregistrent les sursauts culturels et politiques de notre société de consommation. L’exposition Fair use, dont le titre fait directement référence à la loi américaine sur le bon usage des images des autres, rassemble pour la première fois de nombreuses images de Max Regenberg : Big Brother, une de ses toutes premières photographies ; un récit photo peuplé à la Jaques Tati de figurines aux poses stéréotypées ; des affiches photographiées en noir et blanc ; d’autres en couleurs ou encore des silhouettes découpées de l’archétypal viril cow-boy M, en marge de leurs paysages originels.

Le travail de Max Regenberg a récemment été exposé en 2013 à la Städtische Galerie de WolfsburgDer Gebrauch der Landschaft  et en 2014 au Centre de la Photographie de Genève. L’exposition de la Fondation A Stichting est organisée grâce au soutien de la Galerie Thomas Zander.

Dans le cadre du Summer of Photography 2014, une initiative de BOZAR.


Fondation A Stichting

Lewis Baltz

Only Exceptions

Témoin de la transformation radicale du paysage de la Californie du Sud de l’après-guerre, l’artiste Lewis Baltz (né en 1945 à Newport Beach) réalise, dès 1967, ses premiers Prototypes. Des images photographiques muettes, compactes, précises enregistrent, en noir et blanc, l’apparition dans le paysage de signes et d’objets tentaculaires, la prolifération d’architectures commerciales, anonymes et ordinaires. Organisant ses images en série, il participe en 1975 à l’exposition, New Topographics, Photographs of a Man-Altered Landscape, exposition mythique qui relancera l’esthétique documentaire par son approche nouvelle du paysage et du territoire. A partir des années 80, la couleur s’impose pour une série d’œuvres dont l’implication sociale et politique est volontairement plus manifeste. Avec The Power Trilogy (1992-1995), l’artiste interroge en intégrant des images de sources diverses, l’usage et les débordements des nouvelles technologies : surveillance, dépendance, pouvoir... Questionnant la notion de mémoire, il rassemble les archives d’un procès criminel, interminable et hypermédiatisé, pour un projet aux formes narratives non définies, The Deaths in Newport (1989-1995). Textes et images composent également Venezia-Marghera (1999-2000). Lewis Baltz y explore la dévastatrice proximité entre la Sérénissime ville-musée, les villes flottantes de loisirs, les cargos en décomposition et les industries toxiques qui se partagent une même lagune.

Cette exposition est organisée en collaboration avec la Galerie Thomas Zander de Cologne et les Deichtorhallen de Hamburg.
Coproduite avec LE BAL, l’exposition sera présentée à Paris du 22 mai au 24 août 2014.


Fondation A Stichting

Bernd & Hilla Becher

Imprimés 1964 – 2013

Bernd & Hilla Becher (1931-2007 / *1934) figurent parmi les artistes les plus influents de notre époque. En Europe du nord dans les années 60, on assiste à la fin du règne du charbon et du fer. Les aciéries et les mines ferment les unes après les autres. Il s’agit d’une mutation radicale, celle d’un monde, d’une société, d’un paysage. A partir de 1959, Bernd et Hilla Becher se lancent dans une impressionnante aventure  photographique ayant pour objet ce patrimoine industriel menacé de disparition. Ils entament alors ce qui va devenir l'une des plus vastes archives industrielles de notre époque. « Quand je suis arrivé à Düsseldorf dans les années 50 », raconte Hilla Becher dans une interview, « j’étais toujours très émue de regarder défiler par la fenêtre du train ces nombreuses et étranges créatures. » Châteaux d'eau, hauts-fourneaux, silos à charbon, chevalements, tours de réfrigération, gazomètres… sont photographiés avec grande rigueur et selon un protocole immuable qui deviendra la signature des Becher. Avec distance, l’objet est photographié exclusivement en noir et blanc. Il est généralement centré et cadré frontalement. Sans ombre, il se découpe sur un ciel sans nuages. Il n’y a ni effet ni reflet. Personne.

Les Becher photographient ces installations industrielles à l’arrêt. A peine photographiées, certaines de ces constructions sont démantelées pour disparaître à jamais. Quelques-unes de ces usines ou de ces structures demeurent aujourd’hui dans le paysage en tant que musées ou monuments. A la manière des entomologistes, les Becher regroupent leurs images, les unes à côté des autres, les classent par famille ou sous-famille d’objets et forment ainsi des typologies. D’autres objets sont photographiés sous toutes leurs faces soulignant par leur développement, l’aspect sculptural d’un même et unique objet. Enfin, certains sites font l’objet d’une étude plus systématique. Dans ce cas, c’est l’entièreté du site industriel qui sera véritablement exploré par la caméra des deux artistes, tel l’impressionnante série Zeche Zollern 2, publiée en 1977 et présentée à la Fondation A Stichting à l’occasion de cette exposition.

L’exposition Bernd & Hilla Becher – Imprimés 1964-2013 est une première. Elle ne présente pas uniquement des photographies mais s’intéresse à mettre en évidence l’image que les Becher ont voulu donner de leur œuvre, la représentation qu’ils se faisaient d’elle à partir des documents imprimés (livres, catalogues, éditions limitées, brochures, cartons d’invitation, affiches). L'exposition permet de comprendre les différentes étapes de leur démarche, le passage d'une photographie unique aux images présentées en série. La construction typologique parfaitement lisible dès les premières publications, revues et catalogues, le sera moins par la suite dans les monographies thématiques qui ne reproduiront qu'une seule image, page après page.

Organisée avec le soutien de la Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur et de la Galerie Thomas Zander de Cologne, du Goethe-Institut de Bruxelles, l’exposition de la Fondation A Stichting coïncide avec l‘exposition Bernd et Hilla Becher, Hochofenwerke organisée à la Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur, du 20 septembre 2013 au 26 janvier 2014.

Une exposition du Musée de l'Elysée de Lausanne.

Commissaires : Antoine de Beaupré et Jean-Christophe Blaser pour le Musée de l’Elysée.





Fondation A Stichting

Mitch Epstein

New York Arbor

Après avoir, cinq années durant, arpenté le territoire des Etats-Unis avec son projet American Power, éclairant l’interaction qui existe entre la production et la consommation d’énergie, entre le corporatisme industriel et ses conséquences dévastatrices sur l’environnement, Mitch Epstein choisit sa ville pour une ode en noir et blanc à la nature. Les grands arbres photographiés par l’artiste, qu’ils se déploient sauvagement ou croissent, taillés avec précaution, sont une mémoire vivante de la ville de New York, le témoignage de la relation symbiotique qui lie les habitants de cette ville à leurs arbres. A l’instar d’Eugène Atget qui, au début du 20e siècle, photographiait les arbres de Paris, Mitch Epstein individualise l’élément végétal, soulignant son caractère exceptionnel. Bon nombre de ces arbres, aujourd’hui majestueux, sont arrivés à New York en tant que souvenirs ou cadeaux diplomatiques. Malgré la progression urbaine qui s’est lentement refermée sur eux, ils demeurent florissants. New York, ville accueillante mais rude est caractérisée par sa très grande diversité de population issue de l’immigration. Ces portraits d’arbres sont à la fois métaphores et monuments. Figurant à l’avant-plan, extraits du décor de la cité, les arbres photographiés s’inscrivent comme acteurs de la vie urbaine, New York, ville d’arbres. « À force de photographier les arbres de la ville, je me suis mis à considérer la ville comme une forêt, la société et l'architecture étaient peu à peu éclipsées par la nature. J'ai développé une perception différente de l'espace urbain, habituellement saisi comme articulé autour de l'humain, et les arbres sont devenus les personnages principaux de la ville.» (Mitch Epstein).

Dans le texte qui accompagne ses images, Epstein fait notamment référence à l’écrivain et photographe hongrois Péter Nádas. Ayant frôlé la mort suite à un accident cardiaque, Péter Nádas a photographié dans son jardin, au rythme des saisons, le même poirier centenaire pour illustrer son récit, La Mort Seul à Seul. En 2005 paraît Turning Back, un livre de photographies réalisées par Robert Adams et qui sonne tel un requiem, témoignant de l’écocide que constitue la déforestation du territoire du Nord-Ouest des Etats-Unis. Avec New York Arbor Mitch Epstein tente simultanément d'apporter une réponse vivante à Turning Back et à son précédent projet, American Power. Inspiré par le travail de Nádas, interpellé par les images d’Adams où se lisent tristesse et beauté, Mitch Epstein compose avec New York Arbor une véritable ode au temps qui passe, une ode à la vie.

L’exposition a été organisée en collaboration avec la Galerie Thomas Zander de Cologne. La Fondation A Stichting présente pour la première fois l’ensemble des 42 photographies en noir et blanc. Cette exposition, coïncide avec la parution aux éditions Steidl du livre New York Arbor de Mitch Epstein.


Fondation A Stichting

Judith Joy Ross [2]

The Devil Today and Reading to Dogs

Enfants, écoliers, membres du Congrès américain, opposants à la guerre... Après avoir exposé un grand nombre de ces portraits photographiques, réalisés en noir et blanc depuis 1982 par l'artiste Judith Joy Ross, la Fondation A Stichting présente son dernier projet: The Devil Today and Reading to Dogs. La plupart des images photographiques rassemblées pour cette exposition sont en couleur et de grand format. Le cadre s'est nettement élargi. Pour cette nouvelle série, l'artiste privilégie le paysage tout habité ou le portrait de groupe aux regards dispersés. Fidèle à son engagement social et politique, elle part à la rencontre des gens ordinaires. Elle se fait plus discrète, assiste à des scènes de la vie quotidienne. Préoccupée par le corporatisme industriel, inquiète par la transformation et la dégradation irréversible de notre environnement naturel, elle photographie des citoyens réunis en comité, des activistes, des gens déterminés à affirmer leurs convictions et à défendre leurs droits. Ces images concernent, par exemple, la problématique de l'exploitation du gaz de schiste ou du sable bitumineux et leurs conséquences potentiellement désastreuses sur l'environnement, The Devil Today.
D'autres photographies montrent des adolescents ou des enfants qui recherchent appui et réconfort auprès d'animaux. A cette occasion, Judith revisite la bibliothèque publique de Bethlehem pour photographier des participants au programme national d'alphabétisation. Les images qui en résultent nous montrent des enfants dans l'exercice de la lecture accompagné par un animal domestique, Reading to Dogs.

Les récentes photographies en couleur de Judith Joy Ross rappellent certaines images d'artistes tels que Jeff Wall ou Rineke Dijkstra. Construites mais non mises en scène, elles reflètent avant tout la préoccupation de l'artiste et résonnent tel un appel à une indispensable réflexion sur notre relation aux autres et à la nature qui nous entoure.

Cette exposition a été réalisée avec la collaboration de la Pace/McGill Gallery de New-York.


Fondation A Stichting

Judith Joy Ross

Photographs since 1982

L’oeuvre photographique  de Judith Joy Ross (*1946, Hazleton, Pennsylvania, USA) est une vaste galerie de portraits rassemblés durant trois décennies. Des écoliers d’Hazleton aux activistes qui manifestent contre la guerre en Irak, les portraits de Judith Joy Ross, au cadrage souvent serré, de face, sont d’une rare intensité. Ses lieux de prédilection sont les parcs, les espaces de jeux, les supermarchés, la rue… L’artiste invite les gens qu’elle croise à prendre la pose. Ce moment d’arrêt est à chaque fois le temps d’un échange de regard et d’une rapide prise de dialogue. Les portraits de Judith Joy Ross, au-delà de leur forte interaction et présentification, sont avant tout le témoignage de multiples rencontres. Individuels, le plus souvent, c’est dans leur accumulation que se construit l’image d’un monde que nous révèle l’œuvre de l’artiste. Sa technique rappelle les débuts de la photographie et les grands portraitistes du 19ème siècle. Elle utilise pour ces prises de vues une chambre technique de grand format et les tirages, d’une grande finesse, sont tous réalisés par contact. Sa démarche la lie à des photographes tels que August Sander, Diane Arbus ou encore plus proche de nous, à Rineke Dijkstra. Technique et démarche confèrent à ses portraits à la fois présence et distanciation qui viennent souligner le véritable engagement social et politique de l’artiste Judith Joy Ross.

Cette exposition a été réalisée avec la collaboration de Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur de Cologne.


Labor Anonymous Detroit 1946 - Fondation A Stichting
Labor Anonymous Detroit 1946
© Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum, New York

Walker Evans

Anonymous
06.07.2015 - 06.09.2015
Les Rencontres d’Arles

La Fondation A Stichting prend ses quartiers d’été 2015 à Arles avec l’exposition Walker Evans Anonymous. Une exposition réalisée en partenariat avec Les Rencontres d’Arles.

>Les Rencontres d’Arles

 - Fondation A Stichting

Découverte au BRASS

Le 17 septembre 2015, la Fondation A Stichting vous invite au BRASS, dans le cadre des festivités de la Joyeuse Ouverture, à venir découvrir les réalisations faites lors des ateliers Découverte.

>le BRASS

 - Fondation A Stichting

Lee Friedlander

Galerie Thomas Zander, Cologne, (D)

>Galerie Thomas Zander

 - Fondation A Stichting

Lee Friedlander - Family in the Picture 1958–2013

Edition : Yale University/Fondation A Stichting, 2014 
100 exemplaires signés disponibles 
60,00€

Conçu comme la suite de In the Picture Self-Portraits 1958-2011, paru en 2011, le dernier opus de Lee Friedlander, Family in the Picture 1958-2013, est l'album de famille d'un des artistes les plus inventifs et productifs de l'histoire de la photographie. Ce recueil de plus de 350 photos s'ouvre sur des images de la femme de Lee, Maria, prises lors de leurs premières années de vie commune, et témoigne aussi bien de grands événements (naissances, mariages, funérailles) que d'instants moins solennels, mais tout aussi émouvants. Si certaines de ces images sont connues, la plupart ont récemment été exhumées des archives personnelles de Friedlander. Cet album, chronique en images d'un demi-siècle de vie, pose sur les étapes traversées par la famille du photographe un regard empreint d'une honnêteté saisissante, d'une grande intensité, et d'une morale : la vie continue.

 - Fondation A Stichting

Kunst Promenade

A l’occasion de Art Brussels - Kunst Promenade – Slick Brussels, L’exposition sera accessible le jeudi 18, vendredi 19 et samedi 20 avril de 11.00 à 20.00 et le dimanche 20 avril de 11.00 à 18.00

Lewis Baltz, Dana Point Nr 2, 1970 - Fondation A Stichting
Lewis Baltz, Dana Point Nr 2, 1970
© Lewis Baltz, Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne

Lewis Baltz

Albertina Museum, Vienne (A)
01.03.2013 - 02.06.2013

>Albertina Museum

Lee Friedlander, Las Vegas, America by Car, 2002 - Fondation A Stichting
Lee Friedlander, Las Vegas, America by Car, 2002
© Lee Friedlander, Courtesy Fraenkel Gallery,
San Francisco
Galerie Thomas Zander, Cologne

American Documents

28.05.2010 – 05.09.2010
Fotomuseum Provincie Antwerpen, Anvers (BE)

Alors que l’on vient à peine de fêter les 50 ans de la publication de The Americans de Robert Frank et que la réédition de l’exposition New Topographics : Photographs of a Man-Altered Landscape sera bientôt exposée en Europe, le FotoMuseum d’Anvers propose une exposition qui s’intitule American Documents. Cette exposition présente, à l’exception d’une oeuvre plus ancienne, Labor Anonymous réalisée, pour le magazine Fortune en 1946 par Walker Evans et de quelques images de Robert Frank, un ensemble remarquable d’œuvres photographiques élaborées depuis les années 70. Sont ainsi exposés des artistes américains tels que Robert Adams, Diane Arbus, Lewis Baltz, Mitch Epstein, Lee Friedlander, Nan Goldin, Dan Graham, Mike Mandel, Nicholas Nixon, Martha Rosler, Judith Joy Ross, Stephen Shore,Larry Sultan, Jerry Thompson, Henry Wessel, Garry Winogrand.

Fotomuseum

Lewis Baltz, Berkeley, 1968 - Fondation A Stichting
Lewis Baltz, Berkeley, 1968
© Lewis Baltz, Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne

Lewis Baltz

16.04.2012 – 02.09.2012
Kunstmuseum Bonn (DE)
14.09.2012 – 04.11.2012
Kestnergesellschaft, Hannover (DE)

Le Kunstmuseum de Bonn et la Kestenergesellschaft présentent la première rétrospective en Allemagne d’un grand photographe américain. A partir du début des années 1970, Lewis Baltz (1946, Newport Beach, Californie) expose à plusieurs reprises son travail à la galerie Leo Castelli de New York. En 1975, il participe à l’exposition légendaire New Topographics : Photographs of a Man-Altered Landscape à la George Eastman House de Rochester (avec entre autres Robert Adams, Bernd et Hilla Becher, Stephen Shore, Henry Wessel…). Présenté comme un des adeptes de la photographie documentaire, son œuvre semble radicalement changer à partir des années 80. Le noir et blanc laisse place à la couleur, le format des images s’aggrandit. Cependant la principale préoccupation de Baltz reste la même, remettre en question le caractère de vérité de la photographie documentaire, interroger l'espace urbain, l'architecture, le paysage et l'écologie, l’artiste n’a de cesse de perturber, de provoquer notre vision des choses.

Kunst Museum Bonn
Kestnergesellschaft

Mitch Epstein, American Power, BP Carson Refinery, California, 2007 - Fondation A Stichting
Mitch Epstein, American Power, BP Carson Refinery, California, 2007
© Black River Production Ltd, Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne

Mitch Epstein, American Power

04.05.2011 – 24.07.2011
Fondation Cartier Bresson, Paris (F)
13.09.2011 – 20.11.2011
Musée de l’Elysée, Lausanne (CH)

En 2003, suite à une commande pour le New York Times, Mitch Epstein se rend à Cheshire dans l’Ohio. Un village complet doit être abandonné pour cause de pollution. En dédommageant les habitants, l’American Electric Power, la société responsable de la contamination du sol cherche à ce qu’ils partent sans bruit et surtout sans engager de poursuite judiciaire. Marqué par ce reportage, Mitch Epstein décide alors de se lancer dans un vaste projet intitulé American Power.
L’artiste voulait faire prendre conscience de l’interaction qui existe entre la production et la consommation d’énergie, entre le corporatisme industriel et la problématique de l’environnement. Dans cette œuvre, la transformation ou la dégradation du paysage peut être considérée comme le reflet d’une structure sociale qui a perdu toute son évidence. Ce projet s’inscrit dans la tradition documentaire couleur contemporaine dont Mitch Epstein est l’un des meilleurs représentants. Né en 1952, auteur de nombreux ouvrages, lauréat de nombreux prix, dont récemment le prix Pictet, Mitch Epstein nous livre un témoignage brillant, fait de fragments de réels qu’on espèrerait pure fiction.

Fondation Henri Cartier-Bresson
Elysée Lausanne
Mitch Epstein, American Power

Disposant de son propre espace d’exposition et d’un ensemble d’oeuvres photographiques mises à sa disposition, la Fondation A Stichting poursuivra son projet de plate-forme consacrée à l’image photographique en partenariat avec d’autres institutions culturelles belges et étrangères.

Fondation A Stichting

Fondation A Stichting
Av. Van Volxem, 304 bte 1
1190 – Bruxelles
tél: +32 (0)2 502 38 78
info@fondationastichting.be

Horaires d’ouverture
Du jeudi au dimanche: 13.00 – 18.00
Fermé le lundi, mardi et mercredi
Visites possibles sur rendez-vous 

Tarifs
Visiteur: 4€
Étudiants, enseignants, seniors,
demandeurs d’emploi: 2€
Enfants (-12 ans): gratuit
Visites guidées (20 pers)
Groupes scolaires: gratuit (sur réservation)
Groupes adultes: 25€ + 3€/p 

Accès
Tram: 82 - 97 arrêt WIELS
Bus: 49 - 50 arrêt WIELS
Train: Gare du Midi
Voiture sortie 17 Anderlecht Industrie, direction Centre - Albert

Accès pour les personnes à mobilité réduite



Fondation A Stichting

Astrid Ullens de Schooten
présidente

Jean-Paul Deridder
directeur

Marta Bassan
assistante - accueil

Jean-Luc Foubert
accueil - régie des expositions

Anne Quévy, Plume Production
graphisme

Steve Corcoran, Wouter Meeus, Beryl Muller, Charlotte Woilliez
traduction

 

Avec le soutien de

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